Anthony Rochand

Anthony Rochand

Le numérique a cela de passionnant qu’il a totalement bouleversé les codes du marketing. Et ce n’est pas Anthony Rochand, Président et co-fondateur de la société de conseil « Les Experts du Web » qui nous dira le contraire. Cet expert en communication digitale, tout juste quarantenaire, à très vite compris que le numérique allait tirer l’innovation et changer nos modes de consommation. Portrait en neuf trous de cet autodidacte du web, autrefois golfeur émérite…

Son swing: une carrière évolutive

Le parcours d’Anthony débute dans la grande distribution; directeur de points de vente Leclerc ou Intermarché jusqu’en 2006, il choisit soudain de réaliser un virage à 360° et se forme aux nouvelles technologies liées à la data, à la voix et au mobile. Fort de ses nouvelles compétences, il crée en 2007 une société de prestation de service pour les opérateurs mobile, s’enjaille avec Bouygues Telecom Entreprise, Orange Business Service mais s’intéresse déjà de près aux évolutions du web et à l’apparition des réseaux sociaux. S’il est convaincu d’une chose, c’est que le numérique ne remplacera jamais les rencontres IRL et, bien conscient de la puissance d’un réseau structuré, il commence à animer des communautés sur « feu » Viadéo et monte un club-affaire avec des chefs d’entreprise de la région Rhône-Alpes. Ce sera la première étape de sa propre transformation numérique.

Quelques années plus tard, il lance DooMiz, une sorte de réseau social B2B, à mi-chemin entre web et rencontres IRL et organise, dans ce cadre, de nombreux événements networking (Les Cafés d’Anthony & Meeting Network Lyon). Les demandes des top managers qu’il rencontre mensuellement s’orientent de plus en plus vers le Community Management. Ni une, ni deux, Anthony se met en freelance et débute son activité de conseiller en communication digitale avant de fonder avec sa femme en 2016, « Les Experts du Web » agence florissante née « de la joint venture de leurs compétences complémentaires en e-commerce et social media ». Convaincu que la communication, qu’elle soit verbale ou digitale, n’est pas quelque chose d’inné, Anthony se sert de ses propres réseaux sociaux pour évangéliser son audimat et diffuser les bonnes pratiques auprès de ses clients.

Aujourd’hui formateur aussi bien pour professionnels que pour des écoles telles que l’EFAP Lyon (MBADMB), ou l’ISCOM Lyon, ses journées s’articulent entre la confection de stratégies digitales, la conception de ses modules de social selling et l’organisation d’événements de networking dont il est une figure remarquée dans la région lyonnaise. Toujours être à la pointe, grâce à une veille quotidienne et une formation continue, tel est son credo. Présent sur tous les réseaux sociaux, il se penche ces dernières années sur leur utilité dans le registre commercial et éprouve ses techniques de social selling sur Twitter, Facebook ou encore LinkedIn avant d’aller en diffuser les conclusions auprès de ses étudiants et clients. Les journées sont bien remplies mais il est toujours plus agréable de travailler avec sa moitié : l’organisation quotidienne est bien huilée et le dialogue continu…

Son approche: le put marketing digital

Cet ancien golfeur est donc devenu aujourd’hui un expert connu et reconnu dont vous pouvez trouver les productions techniques dans les médias spécialisés. Une façon de créer un contenu qui, selon lui, « est aujourd’hui la pierre angulaire d’une stratégie de marketing pour créer de l’audience ou vendre directement ». « Content is king », yes, mais c’est vers un contenu immersif qu’il conseille de s’orienter, chiffres à l’appui: d’ici 2020, 80% du trafic internet sera audiovisuel ! Le pari est pris ! Sa vision du futur ne s’arrête pas là: l’innovation technologique, comme le big data, l’IA ou le conversationnel le captive aussi énormément et il est convaincu que le métier de marketeur est en pleine mutation: le règne de la data est désormais proche et les data scientists seront le porte étendard de cette transformation sans oublier l’apparition de nouveaux métiers. La technologie est un facteur de destruction créatrice. Vive Schumpeter !

Ces datas, justement, concernent aussi le dernier né, le marketing d’influence, levier d’engagement et de transmission des messages. Pratique « vieille comme le monde », Anthony s’arrête sur une précision: « L’influence est un levier marketing qui fonctionne sur la partie online mais aussi IRL » car l’influence est avant tout « une connexion entre des individus qui permet de décupler une notoriété, voire de vendre des produits ». Une technique marketing qui doit néanmoins être encadrée légalement pour endiguer le fake qui se propage comme de la mauvaise herbe sur les réseaux sans doute à cause de la maturité adolescente de la pratique. Influent, il l’est sur de nombreux réseaux et se révolte parfois contre les nouvelles plateformes de mise en relation entre influenceurs, annonceurs et agences, peu précises dans leurs critères de sélection malgré de nets progrès et quelques très bons élèves comme Getfluence ou encore Reech dans un autre registre. Le message est passé !

Quant à la relation entre influenceurs et marques, elle est désormais capitale et bien trop souvent mal organisée. Un influenceur est avant tout un créateur de contenu expert d’une thématique et, à ce titre, il porte avec ses productions des valeurs particulières qui génèrent de l’engagement sur ses publications. Travailler avec un influenceur, c’est donc lui laisser la liberté de trouver le point de connexion entre son audience, son contenu et le produit de la marque dans une collaboration à long terme. C’est en effet à l’aune de cette relation que le marketeur pourra ensuite mesurer l’impact de sa campagne et affiner sa stratégie en fonction de ses objectifs de ventes ou de notoriété. Une collaboration « win – win » qu’il s’efforce de promouvoir auprès de ses clients afin qu’ils ne pâtissent pas d’un ROI en berne.

Birdie lyonnais

Ce qui frappe lorsque l’on échange avec Anthony, au-delà de son expertise avisée, c’est sa volonté de toujours se former lui-même pour comprendre les rouages de son métier et se tenir à la pointe de l’innovation digitale. Une soif quotidienne d’apprendre et d’aller à la rencontre de l’autre, dans la « vraie » vie, car les rapports humains ne sont jamais plus réels qu’après une bonne poignée de main. Il ne me reste plus qu’à espérer que la prochaine fois que l’on se rencontrera ne sera pas dans l’un de ses clubs affaires mais plutôt un club à la main !